Venise, Barcelone, Santorin, Dubrovnik… À voir les mêmes images de rues bondées et de files d’attente, une règle semble s’imposer : pour réussir ses vacances, il faudrait aller là où les autres ne vont pas.
Le tourisme de masse serait devenu l’ennemi du « vrai voyage ».
Je trouve cette vision trop simple. Une destination populaire peut encore offrir des souvenirs fabuleux, à condition de faire quelques choix.
Dans cet article, je vous aide à éviter les principaux effets du surtourisme, choisir les bonnes périodes et retrouver du plaisir dans des lieux que tout le monde veut voir.
✈️ L’essentiel à retenir
👉 Une destination très touristique n’est pas forcément une destination gâchée.
👉 Décaler ses dates et ses horaires peut transformer l’expérience sur place.
👉 Renoncer à certains incontournables permet de sortir des principaux flux touristiques.
👉 Notre comportement compte aussi : nous faisons partie des touristes lorsque nous voyageons.
Oui, le tourisme de masse peut gâcher une destination
Commençons par l’évidence : certains endroits accueillent tellement de visiteurs que l’expérience s’en trouve transformée. Vous rêviez d’une petite ruelle pittoresque découverte sur une photo ? Vous la trouvez occupée par plusieurs dizaines de personnes.
Vous voulez admirer un monument ? Il faut réserver un créneau plusieurs semaines avant votre arrivée. Vous souhaitez prendre un verre sur une jolie place ? Les terrasses sont pleines et les tarifs semblent conçus pour une clientèle de passage.
Le problème dépasse le simple confort des vacanciers. Les habitants peuvent subir des conséquences bien plus importantes.
Quand une ville devient un produit touristique
La situation devient préoccupante lorsque les besoins des visiteurs prennent le dessus sur ceux des habitants. Plusieurs phénomènes peuvent alors apparaître :
- des logements occupés à l’année deviennent des locations touristiques ;
- des commerces du quotidien laissent place aux boutiques de souvenirs ;
- les restaurants adaptent leur offre à une clientèle de passage ;
- le coût du logement augmente ;
- quelques rues concentrent une grande partie des visiteurs.
Certains centres historiques finissent par donner une impression étrange. Ils débordent de monde pendant la journée, puis se vident après le départ des excursionnistes.
✈️ L’avis VoyageFlyta
Ce qui me dérange dans le tourisme de masse n’est pas de devoir attendre dix minutes pour prendre une photo. Le problème commence lorsqu’une destination perd une partie de sa vie locale : ses habitants, ses commerces et les habitudes qui lui donnaient son caractère.
Une destination touristique n’est pas une destination à bannir
C’est ici que je m’éloigne d’un discours que l’on retrouve dans le monde du voyage. On nous explique qu’il ne faudrait plus aller à Venise, que Bali aurait perdu son intérêt ou que Santorin ne mériterait plus le déplacement.
Je comprends l’idée, mais elle conduit à une conclusion étrange : un lieu perdrait son intérêt parce qu’il plaît. Or les destinations célèbres ne le sont pas sans raison.
Venise reste une ville unique. Les temples d’Angkor restent fascinants, la vieille ville de Dubrovnik reste spectaculaire et Rome ne perd pas deux millénaires d’histoire parce qu’un groupe se trouve devant le Colisée.
Un endroit touristique et une expérience touristique standardisée sont deux choses différentes.
Vous pouvez découvrir une ville mondialement connue tout en construisant un séjour qui vous ressemble. À l’inverse, vous pouvez partir dans une région confidentielle et passer une semaine dans un complexe hôtelier sans découvrir ce qui se trouve autour.
La popularité d’une destination ne détermine pas la qualité du voyage.
Choisir la bonne période change presque tout
Si je devais conserver une seule stratégie pour mieux profiter d’une destination victime de son succès, je choisirais mes dates avec soin. Prenez une station méditerranéenne entre le 20 juillet et le 15 août, puis revenez fin septembre : vous pourriez avoir l’impression de découvrir deux endroits distincts.
Les différences peuvent concerner :
- la fréquentation des plages ;
- les files d’attente ;
- les prix des hébergements ;
- la disponibilité des restaurants ;
- la chaleur ;
- le rythme de vie sur place.
C’est pour cette raison que j’aime les ailes de saison lorsque la destination s’y prête. Mai, juin, septembre ou octobre peuvent offrir un bon équilibre entre météo et fréquentation dans de nombreuses régions.
Hors saison ne veut pas dire meilleur séjour
Il faut éviter l’excès inverse. Une station balnéaire presque fermée en novembre n’offre pas la même expérience qu’en septembre, tandis qu’une île exposée à une mauvaise météo peut perdre une partie de son intérêt.
Certaines périodes entraînent aussi la fermeture de restaurants, la suppression de liaisons maritimes ou l’arrêt d’activités saisonnières. Je ne cherche donc pas le mois où il y aura le moins de monde, mais la période offrant le meilleur compromis.
Décaler ses horaires pour éviter la foule
Même lorsque je pars pendant une période chargée, une méthode simple peut changer une visite : décaler mon emploi du temps. Une grande partie des voyageurs adopte un rythme proche :
- petit-déjeuner entre 8 h et 9 h ;
- départ pour les visites entre 9 h et 10 h ;
- déjeuner entre 12 h et 14 h ;
- visites pendant l’après-midi ;
- coucher de soleil puis dîner.
Le résultat est prévisible : beaucoup de monde se retrouve au même endroit au même moment. Décaler une visite de deux heures suffit parfois à changer l’ambiance.
✈️ Ce que je ferais à votre place
Entre découvrir un site à 7 h 30 avec quelques visiteurs et arriver à 11 h au milieu d’une foule, je choisis le réveil matinal. Je peux ralentir après le déjeuner ou prévoir une sieste si j’en ressens le besoin.
Le même principe fonctionne le soir. Certains lieux se vident après le départ des groupes venus pour la journée, ce qui constitue une excellente raison de dormir sur place plutôt que de repartir avec les excursionnistes.
Dormir à quelques rues du centre peut suffire
Dans une destination touchée par le tourisme de masse, le quartier compte presque autant que l’hôtel. Mon premier réflexe n’est pas de chercher une chambre face au monument principal.
Je préfère m’éloigner de quelques rues lorsque la configuration de la ville le permet. Quinze minutes à pied peuvent suffire pour modifier le séjour.
Le matin, vous pouvez prendre votre café dans un établissement fréquenté par des habitants, passer devant un marché ou découvrir des restaurants moins tournés vers une clientèle internationale. Le soir, vous quittez le cœur touristique pour retrouver un quartier plus calme.
Ce choix permet aussi de mieux répartir ses dépenses. Dans certaines villes, une part importante de l’activité touristique se concentre autour des mêmes hôtels, restaurants et boutiques.
C’est l’un des changements qui ont le plus modifié ma façon de voyager. Préparer un séjour peut vite ressembler à la création d’une checklist :
- monument numéro 1 ;
- musée numéro 2 ;
- point de vue numéro 3 ;
- quartier numéro 4 ;
- restaurant célèbre numéro 5.
À la fin des vacances, l’objectif implicite consiste à avoir tout coché. Pourtant, si une attraction nécessite trois heures d’attente et m’intéresse peu, pourquoi devrais-je y aller ?
✈️ La règle VoyageFlyta des 3 incontournables
Dans une destination très fréquentée, je choisirais trois lieux que je veux voir à tout prix avant mon départ. Tout le reste devient facultatif : si je préfère passer deux heures dans un quartier qui me plaît plutôt que courir vers un sixième monument, je reste dans le quartier.
Un voyage n’est pas un examen. Personne ne vérifiera à l’aéroport si vous avez visité tous les endroits cités dans votre guide.
Cette liberté devient précieuse dans une destination saturée. En abandonnant l’objectif de tout voir, vous abandonnez aussi une partie des lieux où les foules se concentrent.
Le « hors des sentiers battus » a aussi ses limites
Il existe un paradoxe dans notre façon de voyager : tout le monde veut sortir des sentiers battus. Certains « lieux secrets » finissent donc par accueillir des centaines de personnes.
Une vidéo présente une plage comme un endroit inconnu des touristes. Elle accumule des millions de vues, puis les visiteurs viennent prendre la même photo quelques mois plus tard.
Mais un autre problème se cache derrière cette quête. Les quartiers résidentiels et les villages reculés ne sont pas des décors touristiques conçus pour offrir une expérience « authentique ».
Vouloir découvrir un endroit secret pour le partager ensuite avec des milliers de personnes constitue l’un des paradoxes du tourisme moderne.
Je trouve donc contradictoire de dénoncer le tourisme de masse tout en cherchant le prochain lieu confidentiel à diffuser sur les réseaux sociaux. Certaines destinations disposent d’infrastructures capables d’accueillir beaucoup de monde ; d’autres supportent moins bien cette pression.
Peut-on mieux voyager dans une destination très touristique ?
Voyager implique des transports, des hébergements et la consommation de ressources. Il serait donc difficile de prétendre que notre passage ne produit aucun impact.
Cela ne signifie pas que tous les comportements se valent. Dans une destination fréquentée, j’adopterais quelques réflexes :
- décaler mes dates lorsque la saison le permet ;
- visiter les sites populaires en dehors des pics ;
- rester plusieurs nuits au lieu d’enchaîner les excursions ;
- utiliser les transports collectifs quand ils répondent au besoin ;
- privilégier les commerces et restaurants locaux ;
- respecter les quartiers résidentiels ;
- éviter de géolocaliser chaque endroit confidentiel découvert.
Ces choix ne résoudront pas le surtourisme. Ils permettent cependant de ne pas reproduire tous les comportements qui participent à la concentration des visiteurs.
Il existe aussi des moments où je renoncerais
Défendre les destinations populaires ne signifie pas vouloir les visiter à tout prix. Une ville peut atteindre un niveau de saturation tel qu’une autre destination devient un meilleur choix.
Si une île célèbre déborde de visiteurs en août, une île voisine peut proposer ce que vous cherchiez :
- des plages ;
- des villages ;
- des paysages ;
- une gastronomie locale ;
- des activités comparables.
Même constat pour les villes. Un centre historique saturé peut parfois être remplacé par une ville secondaire située à une heure de train, sans sacrifier l’intérêt du séjour.
✈️ VoyageFlyta nuance
Destination touristique et destination saturée ne signifient pas la même chose. Je n’éviterais pas un lieu parce qu’il est populaire, mais si mes dates correspondent à un pic de fréquentation difficile à contourner, je regarderais les alternatives.
Le but n’est donc pas de défendre les destinations célèbres contre toute critique. Il consiste à ne pas les condamner par principe.
Nous faisons aussi partie du tourisme de masse
C’est sans doute la partie la moins confortable du sujet. Nous parlons souvent du tourisme de masse comme d’un phénomène provoqué par les autres : « il y a trop de touristes ».
Pourtant, dès que nous arrivons avec notre valise, nous sommes nous aussi des touristes. Moi compris.
Nous voulons tous profiter :
- d’un billet d’avion accessible ;
- d’un hébergement bien situé ;
- de bons restaurants ;
- de beaux paysages ;
- des monuments les plus célèbres ;
- de transports pratiques.
Il n’est donc pas surprenant que des millions de personnes souhaitent les mêmes choses. Le problème du surtourisme ne peut pas se résumer à « les autres sont trop nombreux ».
✈️ L’avis VoyageFlyta
Dire « il y a trop de touristes ici » alors que je viens moi-même d’arriver avec une valise me semble contradictoire. Me rappeler que je fais partie du phénomène m’oblige à réfléchir à mes dates, mes déplacements et ma façon de consommer sur place.
La question devient alors plus intéressante : comment mieux répartir les voyages dans le temps et dans l’espace ? La réponse est moins confortable que de pointer du doigt les autres visiteurs, mais elle me semble plus utile.
Touristique ne veut pas dire voyage gâché
Je continuerais à visiter des destinations touchées par le tourisme de masse. Mais je chercherais à les découvrir autrement plutôt qu’à les fuir.
Mes choix seraient simples :
- sélectionner mes dates avec soin ;
- visiter certains sites tôt le matin ;
- dormir à quelques rues des zones saturées ;
- rester plus longtemps sur place ;
- renoncer à quelques incontournables ;
- consacrer une partie de mon budget aux acteurs locaux.
Je refuse surtout l’idée qu’un beau voyage doit se dérouler dans un endroit dont personne n’a entendu parler. Une destination célèbre peut encore émerveiller, même lorsqu’on n’est pas seul à vouloir la découvrir.
Le tourisme de masse peut abîmer des lieux, perturber la vie locale et dégrader l’expérience. Il faut en tenir compte sans tomber dans l’excès inverse.
Entre foncer vers les endroits saturés sans réfléchir et bannir toute destination populaire, une troisième voie existe : mieux choisir quand, où et comment nous voyageons.
Le Colisée n’a pas besoin d’être vide pour être impressionnant. Le vrai luxe consiste parfois à accepter de partager un lieu exceptionnel sans contribuer plus que nécessaire à sa saturation.
Et vous, vous en pensez quoi ? Partagez-vous mon avis ? Dites-moi tout dans les commentaires !